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L'Europe s'est tiré une balle dans le pied


On le craignait depuis le semi échec du sommet de Copenhague. C'est désormais officiel. L'Union européenne ne s'engagera pas à réduire de 30% ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici à 2020. Une décision prise, dit-on, à Paris et Berlin , qui ont pesé lourd sur la décision européenne, pour ne pas entraver le sauvetage de l'euro. Les historiens jugeront, dans quelques décennies, si l'erreur est historique. Elle est en tout cas majeure. Car, les ministres de l'industrie considèrent trop souvent le chantier climatique comme accessoire ; un hochet à agiter en période médiatique creuse. C'est oublier que la bataille de l'efficacité énergétique se gagnera par la rénovation massive de nos parcs immobiliers. Une opération qui développera des technologies, créera de la valeur, de l'emploi et du bien-être. Moins consommer d'énergie, c'est non seulement baisser le montant de nos factures, mais aussi réduire notre trop importante dépendance vis-à-vis de pays qui, comme la Russie, la Libye ou l'Iran, ne nous veulent que du bien. Et puisque nous y sommes, l'accroissement de la production d'énergie d'origine renouvelable contribue aussi à notre indépendance énergétique et, encore une fois, à développer des technologies, créer de la valeur et des emplois. Qu'importe : l'euro et les critères de Maastricht d'abord ! Après la Grèce, c'est au tour de l'Italie, du Royaume-Uni, et de l'Espagne de tailler dans les budgets. Gageons que les 23 autres membres de l'UE les rejoindront bientôt dans le monastère de l'orthodoxie financière. Ce dogme est goûté par peu de monde. Même l'OCDE le trouve trop "torquémadesque". Le 27 mai, le secrétaire général de l'organisation a imploré les pays occidentaux de ne pas sacrifier les crédits à l'innovation, notamment pour lutter contre le changement climatique. Car, sans aide publique, plus de recherche sur la capture et la séquestration géologique du carbone ; exit les subventions pour les agrocaburants de 3e génération ; terminés les programmes sur le nucléaire du futur ; plus lente sera l'arrivée de la voiture électrique. Depuis quelques années, les industriels chinois commencent à prendre des parts significatives sur le marché mondial de l'éolien et du photovoltaïque. Devons-nous attendre qu'ils nous livrent aussi le reste de la panoplie anti CO2 ? 

 


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En Bref

152 Mt CO2

C'est l'impact carbone de la consommation annuelle d'aliments et de boissons par les Britanniques.

Toujours plus de HFC 23

Selon une étude de Stephen Montzka, chimiste à la NOAA américaine, les émissions de HFC 23, l'un des plus puissants gaz à effet de serre, auraient augmenté de 50%, dans les années 2006-2008, par rapport à la décennie 1990.

Copenhague : nouveau fiasco

Les études se succèdent pour quantifier les résultats concrets de Copenhague. Politiquement, ça n’est pas si mal. Au 13 avril, 76 pays ont pris des engagements de réduction d’émissions. Climatiquement, c’est inquiétant. À en croire une étude du Postdam Institute for Climate Impact Research (PIK), les promesses faites ne permettront de réduire les émissions. Le PIK estime que les émissions de GES devraient, à l’horizon 2020, progresser de 10 à 20 % par rapport à aujourd’hui. À ce rythme, les températures moyennes globales devraient progresser d’au moins 3°C par rapport à l’ère préindustrielle.

Obama tous azimuts

Le président US a plus d’un tour dans son sac. Alors que le vote de sa loi Énergie-Climat marque le pas, le locataire de la Maison blanche met en oeuvre des stratégies de contournement. L’an dernier, il avait autorisé l’EPA à invoquer le Clean Air Act pour réguler les émissions industrielles de CO2, pour le cas où le projet de loi ne serait pas voté. Parallèlement, l’EPA étudie la possibilité d’invoquer aussi le Clean Water Act. Les juristes rappellent qu’en acidifiant l’océan, le CO2 est aussi un polluant de l’eau.

Du lait carboné

Après l’empreinte climatique de la viande, voici celle du lait. Le 20 avril, la FAO a publié le premier bilan carbone des produits laitiers, de la production de fourrage à leur livraison dans les crèmeries : un bilan impressionnant. Selon les chercheurs, l’industrie laitière aurait émis, en 2007, près de 2 milliards de tonnes d’équivalent CO2, soit 4 % des émissions anthropiques de GES.

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