A LA UNE

Quand les Occidentaux se tirent une balle dans le pied

Un basculement géopolitique s'accomplit sous nos yeux. A Copenhague, ce ne sont pas les diplomates américains ou européens qui ont tenu la plume pour rédiger l'accord, mais bien les dirigeants des grands pays émergents. Le centre de gravité de la planète glisse doucement de la plaque américaine à la plaque asiatique. Ce n'est pas une surprise. On l'annonce depuis plus de trente ans. Mais l'on ressent toujours une petite angoisse à voir se réaliser une prédiction. Les généraux de la bataille climatique portent donc des uniformes chinois ou indiens. Et ce n'est pas une bonne nouvelle. Ces dernières années, ces pays ont vu exploser leurs émissions de CO2. Une dynamique qui ne s'arrêtera pas de sitôt. L'AIE estime que 60% de la hausse des émissions de CO2 anthropique attendue d'ici à 2030 seront imputables à l'Inde et à la Chine. Est-il raisonnable de leur laisser la main sur le sujet ? Sans doute pas. Malheureusement, l'Occident ruine, avec méthode, sa réputation climatique.  Les Européens, finalement, ont renoncé à réduire de 30% leurs émissions d'ici à 2020. Pis, les 27 n'ont pas réglé la question de la répartition de l'aide financière à apporter aux pays les plus vulnérables aux conséquences du changement climatique. C'est pourtant l'un des rares acquis de Copenhague. Il y a pire. Avec sa réforme, constitutionnelle, la France permettra, dès le 1er mars, au contribuable de contester en justice un impôt qui porterait atteinte à ses droits et libertés. Encore dans les limbes, la taxe carbone n°2 a déjà du plomb dans l'aile. Aux Etats-Unis, les choses ne vont guère mieux. Faute de majorité démocrate absolue au Sénat, l'avenir de la loi climat s'annonce sombre. En cas d'échec, le président Obama prévoit de demander à l'EPA de considérer le CO2 comme un polluant et de légiférer en conséquence. Mais la sénatrice de l'Alaska, Lisa Murkowski, vient de déposer un amendement visant à empêcher l'EPA d'agir. Et tout ce petit monde veut faire la morale à l'Inde et à la Chine ?


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En Bref

Il manque des sous

L'accord de Copenhague mentionne que 30 milliards de dollars d'aides d'urgence devront être octroyés aux pays les plus vulnérables entre 2010 et 2012. Or, aujourd'hui, seule l'UE (10,6 Md$), le Japon (11 Md$) et les USA (3,6 Md$) se sont engagés. Il manque encore 4,8 Md$. Des volontaires ?

56 pays s'engagent

56 pays ont finalement présenté leur politique climatique à l'ONU avant le 31 janvier. Ce sont les mêmes que celles qui avaient été publiées avant Copenhague. Et selon certains experts, elles ne permettront pas de limiter à 2°C la hausse globale moyenne des températures. Mieux vaut viser les 3°C à 3,5°C.

Brasilia vote sa loi

Dans les derniers jours de décembre, le président Lula a promulgué la loi obligeant le Brésil à réduire de 39% ses émissions de GES d’ici à 2020. Reste à savoir si les décrets d’application seront aussi ambitieux.

Succès de l'éco PTZ

Selon les dernières estimations de l'Ademe, 80000 demandes de prêt à taux zéro ont été acceptées en 2009. De quoi lancer pour 1,4 milliard d'euros de travaux d'isolation et d'efficacité énergétique.

McDo réduit son big carbon

La filiale britannique finance l'audit carbone des éleveurs qui lui fournissent de la viande. But de l'opération : évaluer les émissions des élevages avant de tenter de les réduire. Le bilan carbone du Big Mac est évalué à 3,1 kgéq.CO2.

Dunkerque lance son plan Climat

En marge des Assises de l'énergie qui s'y déroulaient, la Communauté urbaine de Dunkerque (CUD) a lancé officiellement son plan climat territorial. Il ambitionne de réduire de 20% les émissions de la CUD.

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