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Le Grenelle de l'environnement n'a plus un rond

Jean-Louis Borloo nous refait le coup de la maison à 100 000 €. Cette bâtisse si peu coûteuse qu’elle devait fleurir à tous les coins de rue. L’ancien ministre de la cohésion sociale en prévoyait 30 000 par an. Faute de crédits publics, 800 seront livrées cette année. Avec le Grenelle de l’environnement, c’est un peu la même chose. Dans la première mouture du projet de loi, les objectifs étaient ambitieux et les crédits nombreux. Entre-temps, Bercy et Matignon sont passés par là. Et dans la version du projet de loi rendue publique mercredi, on retrouve l’esprit du premier jet, sans les engagements financiers. Initialement, « tous les bâtiments publics et tertiaires » devaient être conçus selon la norme «bâtiment basse consommation», six mois après la publication de la loi. Désormais, l’Etat pourra attendre 2011 et les autres maîtres d’ouvrage 2012. Evidemment, la dotation de 265 M€ pour tenir cet objectif a disparu. Mais il y a plus grave. Il était prévu que « l’ensemble du parc de logements sociaux, soit 4,2 millions de logements, (fasse) l’objet d’une rénovation énergétique avant 2020 ». Et à ce titre, l’Etat devait prêter 6 Md€ aux organismes HLM. Désormais, il ne s’agit plus que de rénover 800 000 logements, en douze ans, sans savoir quel sera le montant de l’aide étatique aux bailleurs sociaux. La formation des professionnels du bâtiment aux nouvelles techniques ? Une très bonne chose. Hélas, les 100 M€ du programme ont disparu. Tout comme le plan de rénovation des habitations consommant plus de 450 kWh/an/m2. En ces temps d’énergie chère, la lutte contre la précarité énergétique n’est plus une priorité. Terminé aussi l’appel à projets pour les agglomérations souhaitant réaliser des éco-quartiers. Pour le rail, il était prévu « de renouveler 1 000 km de voies par an ». L’objectif a dû rester en gare de Bercy. Tout comme l’enveloppe de 150 M€ destinée aux autoroutes de la mer. Les 2000 km de lignes TGV nouvelles sont toujours sur les rails, mais plus les 37 Md€ de crédits publics. Bercy devait aussi consacrer 4,5 Md€ à l’extension des transports publics urbains. Il ne débloquera, au mieux, que 2,5 Md€. Consacré à l’énergie, l’article 15 prévoyait la construction de réseaux décentralisés. Ceux-ci ont été totalement enterrés. Tout comme le fonds d’aide aux ENR (800 M€) que devait gérer l’Ademe.

 


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En Bref

L'hebdo du lundi

Energograd a lancé, le 10 septembre, son premier hebdomadaire : Le Fil Climatique. Disponible le lundi matin, cette lettre électronique fait la synthèse de l'actualité économique et financière du climat. L'abonnement est proposé au tarif de 100 euros par an (40 numéros). Le tout sans émission de CO2. Pour en savoir plus : volodia@lusineages.com

23,61 euros

C’est le prix moyen du quota européen de CO2, établi pour la semaine passée par le quotidien de l’énergie Enerpresse. Un prix en recul de 6 cents par rapport à la semaine précédente.

La BEI lance un fond climatique

La BEI, la Caisse des Dépôts (CDC), le KfW Bankengruppe, la Nordic Investment Bank (NIB) et l'Instituto de Crédito Oficial (ICO) ont constitué un fond de crédits carbone dédié au marché de l’après Kyoto. Doté de 125 M€ (50 M€ apportés par la BEI, 25 M€ par la CDC, 25 M€ par le KfW, 15 M€ par la NIB et 10 M€ par l’ICO), il sera géré par First Climate.

Greenpeace enterre la séquestration

Greenpeace va publier un rapport sur la capture et la séquestration du carbone (CSC). Intitulé « Faux espoir : pourquoi le CSC ne sauvera pas le climat », le document recense les questions qui se posent sur la technologie du CSC. Sans surprise, le document détaille les raisons pour lesquelles, selon l’organisation écologiste, il ne faut pas considérer le CSC comme une technologie qui sera disponible à temps pour sauver le climat.

10 millions

Tesco vient de lancer une promotion sur les ampoules à basse consommation. Le distributeur britannique espère vendre 10 millions de ces lampes économes à un penny pièce. Cette opération permettra, indique l’entreprise, de diviser par cinq les émissions de CO2 imputables à l’éclairage domestique.

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